Japon 2013 – Après le déluge/23

L’Isle le 2 février:

Hamaoka n.° 5 : la messe semble dite

L’unité n°. 5 de la centrale nucléaire Japonaise d’Hamaoka, dont nous avons souvent parlé, semble finalement avoir souffert au point de devoir être définitivement stoppée et démantelée, de grandes quantités d’eau salée ayant “traversé” les condenseurs pour endommager – de manière irrémédiable – le circuit primaire et la cuve du réacteur.

Le cœur de l’unité n°. 5 d’Hamaoka pourrait être irrémédiablement endommagé, d’après Chubu

L’opérateur Chubu Electric a révélé le 30 janvier à la NHK que de l’eau de mer avait apparemment traversé les condenseurs de l’unité n°. 5, endommageant ainsi gravement à ce niveau une quarantaine de tubes d’échange de chaleur et permettant à l’eau de mer de remonter de ce point d’entrée vers les canalisations menant au réacteur.

2013-02-01_18h12_08

Les tubes endommagés au niveau du condenseur de l’unité n°. 5 de Hamaoka (Chubu)
Quelque chose a manifestement chauffé lors de l’arrêt de l’unité n°. 5 en mai 2011

Ce sont finalement plusieurs centaines de tonnes d’eau de mer qui auraient traversé le condenseur pour emprunter les canalisations du circuit primaire

Les réacteurs électronucléaires n’apprécient guère l’eau de mer : à Fukushima, la manœuvre consistant à “noyer” – même provisoirement – les réacteurs en surchauffe à l’aide de l’eau pompée directement depuis l’océan Pacifique était considéré comme une procédure extrême qui entrainait de facto la mise hors-service définitive des réacteurs concernés par l’opération. Tepco le savait parfaitement et c’est pourquoi il a longtemps rechigné à cette solution ultime, tergiversant durant de longues heures, au point de compliquer finalement un peu plus une situation déjà passablement complexe.

La cuve du réacteur, un élément non remplaçable

De nombreux éléments du réacteur sont rapidement et irrémédiablement endommagés suite à l’introduction d’un élément corrosif dans le circuit primaire d’un réacteur ; même s’il était envisageable sur un plan financier d’en remplacer une partie, l’opération d’échange de la cuve réacteur (RPV) s’avèrerait impossible sur le plan technique. Cette problématique de contrainte de cuve réacteur est d’ailleurs l’un des éléments pris en compte dans le calcul de l’obsolescence – la fin de vie – des réacteurs nucléaires.

A Hamaoka, Chubu a finalement confirmé que ce sont en fait plusieurs centaines de tonnes d’eau de mer qui auraient filtré à travers les tubes du condenseur endommagé pour parvenir dans le circuit primaire et, par voie de conséquence, le cœur de l’unité n°. 5. Dans un premier temps, l’opérateur avait informé que seules quelques tonnes d’eau s’étaient frayé un chemin jusqu’à la cuve du réacteur n°. 5.

L’injection volontaire d’eau de mer : une opération doublement risquée

En vérité, cette opération est non seulement risquée pour le matériel mais présente également bien des incertitudes sur le plan de la sécurité ; cette opération de la dernière chance n’avait jamais été réalisée auparavant et était de ce fait évidemment très mal documentée et donc tout sauf anodine. C’est ainsi que certains radionucléides très spécifiques ont pu s’échapper du site pour être détectés à l’autre bout de l’océan Pacifique et que des risques chimiques et radiologiques supplémentaires ont été courus lors de cette manœuvre d’urgence.

L’ancien Premier ministre du Japon Naoto Kan avait d’ailleurs demandé le 12 mars à ses conseillers de l’informer sur les risques présentés par une telle opération et notamment des dangers d’éventuelles reprises de criticité du combustible nucléaire exposé à l’eau de mer.

2013-02-01_19h13_20

L’article de NHK plus disponible en ligne ?

Nous publions ci-dessous une copie de l’information publiée par la NHK car il semble que cette dernière n’ait plus été disponiblequelques heures après sa publication initiale.

2013-02-01_19h01_16


Sources :

Hamaoka Unit 5 likely permanently crippled due to seawater corrosion, enformable, 31113

2013-02-01_19h24_02

Le lien Google débouche désormais sur une page d’erreur…


Lire également :

Rien ne va plus à Hamaoka : l’unité n°. 5, la plus récente, pourrait être condamnée, gen4, 7812

Hamaoka : des crayons de combustible bien fatigués, gen4, 17113

Hamaoka : des travaux anti-tsunami plus longs que prévus, gen4, 4812

Comment l’eau de mer a pu réagir avec le combustible des ex-réacteurs de Fukushima-Daiichi pour disperser l’uranium sur de grandes distances, gen4, 27112

Ce contenu a été publié dans Japon 2013. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *