L’accident de Fukushima, c’était il y a 4 ans
Ce 11 mars 2015, sortent le témoignage du directeur de la centrale et le film sensible de Jean-Paul Jaud consacrés à la catastrophe nucléaire japonaise.
600 chaussures d’enfants pour une installation artistique japonaise marquant le 4e anniversaire de l’accident de Fukushima. © NEWSCOM/SIPA
TÉMOIGNAGE. Il s’appelle Masao Yoshida, et le ciel lui est tombé sur la tête le 11 mars 2011. Le directeur de la centrale nucléaire de Fukushima a affronté l’emballement de trois cœurs nucléaires devenus incontrôlables et potentiellement capables de rendre toute vie impossible sur la plus grande île de l’archipel japonais. Son témoignage est donc précieux. Il n’aurait jamais dû être publié si l’opinion publique ne l’avait pas exigé et si les média japonais n’avaient bénéficié de fuites.
Penser l’impossible
En septembre 2014, le gouvernement s’est donc résolu à publier 400 pages de récit d’un homme dépassé par les événements. Il s’agit d’abord d’un acte de transparence vis-à-vis du public. C’est aussi un retour d’expérience précieux pour les ingénieurs du monde entier. Fukushima les aide en effet à «penser l’impossible», c’est-à-dire envisager des évènements dont on croit qu’ils ne peuvent se produire. « En ce qui nous concerne, chercheurs de Mine Paris Tech, nous avons trouvé dans ce récit matière à consolider nos recherches sur le concept d’ingénierie de l’urgence. Il nous importe en effet, dans les multiples enseignements de l’accident, d’étudier la façon dont une organisation d’ingénierie s’est brutalement et dramatiquement retrouvée à faire face à une situation extrême » écrit Franck Guarnieri, directeur de recherche à Mine Paris Tech et éditeur du témoignage pour le compte des Presses des Mines où il faut commander « L’anéantissement » (346p, 39 euros). Il sera suivi de trois autres tomes dont la parution est étalée jusqu’en 2016.