Japon 2014 – Fukushima/140

Premiers retours d’habitants dans la zone de Fukushima

01/04/2014 16:03 (Par Sandra BESSON)
Premiers retours d’habitants dans la zone de Fukushima Premiers retours d’habitants

Premiers retours d’habitants dans la zone de Fukushima
Les premiers habitants japonais ont commencé à rentrer chez eux dans la région de Fukushima, trois ans après la catastrophe qui a dévasté le site nucléaire et entraîné des retombées radioactives.

Des habitants japonais ont commencé mardi à rentrer chez eux dans une petite région évacuée après la catastrophe de Fukushima, mais les familles sont divisées alors que les inquiétudes concernant la radioactivité et les perspectives d’emplois limitées ont incité certains à ne pas rentrer.

La réouverture de la ville de Tamira dans la zone de Miyakoji, une ville située à 220 kilomètres au nord-est de Tokyo et à l’intérieur des terres par rapport à la centrale nucléaire de Fukushima, marque une petite avancée pour le Japon alors que le pays tente de se remettre de la catastrophe de 2011.

Mais l’évènement est un grand pas en avant pour les 357 habitants recensés du district. Le retour au compte-goutte des habitants souligne à la fois le désir de ces derniers de rentrer chez eux et la difficulté d’un retour à la normale.

La période d’évacuation a été longue, mais je suis contente que nous puissions rentrer chez nous

« Une grande partie de nos amis et de nos voisins ne reviendront pas » a déclaré Kimiko Koyama, parlant de son retour dans une grande ferme qu’elle avait occupé pendant 50 ans, tandis que son mari tente de réparer l’antenne de télévision sur le toit.

« Il n’y a pas d’emplois. Ce n’est pas pratique et les jeunes ont peur de la radiation » a-t-elle indiqué. « Ma fille ne veut pas amener mes petits-fils ici à cause de la radiation ».

Miyakoji, une ville entre les collines et les rizières, était interdite à la plupart des habitants depuis Mars 2011, lorsque le gouvernement a demandé l’évacuation après un séisme et un tsunami catastrophiques qui ont provoqué une triple fonte dans la centrale nucléaire sur la côte Pacifique, à environ 20 kilomètres de distance.

« La période d’évacuation a été longue, mais je suis contente que nous puissions rentrer chez nous » a déclaré le Maire de Tamura, Yukei Tomitsuka. « Pour Tamura et ses familles, c’est un nouveau départ ».

C’est la première partie de la zone d’exclusion de 20 kilomètres de Fukushima à rouvrir alors que la décontamination vient de se terminer, ouvrant la voie à la réinstallation d’autres populations dans d’autres villages.

Le gouvernement a prévu de lever l’interdiction sur Miyakoji à la fin du mois d’Octobre mais l’opposition des habitants a retardé la décision.

Quelques voitures circulaient dans les rues, où plusieurs nouvelles antennes de télévision ont été installées. Plusieurs femmes âgées étaient assises sur le côté de la route, mais il n’y avait ni famille ni enfants dans les rues mardi.

Les écoles rouvriront plus tard dans la semaine. Les enfants dans les abris temporaires à l’extérieur de la zone d’évacuation ont trente minutes pour jouer dehors chaque jour, mais le temps qu’ils pourront désormais passer à l’extérieur n’a pas encore été décidé.

« Nous leur expliquons. Il y a de mauvais germes à l’extérieur et si on reste trop longtemps dehors, les germes vont à l’intérieur du corps » a indiqué un professeur. « La plupart d’entre eux comprennent ».

La crise de 2011 a obligé plus de 160 000 personnes de plusieurs villes près de la centrale de Fukushima à évacuer. Près d’un tiers vivent encore dans des abris temporaires dans la préfecture, leurs vies étant en attente le temps que le Japon finisse la décontamination du site.

Les opérations de dépollution des retombées radioactives, estimées à 30 milliards de dollars, autour de Fukushima sont en retard par rapport au calendrier initial et ne devraient pas atteindre l’objectif de réduction à long terme – 1 millisievert par an- fixé par l’administration précédente.

Dans la préfecture de Fukushima, des centaines d’ouvriers grattent encore le sol, coupent des arbres et des branches et lavent à grandes eaux les maisons pour abaisser les taux de radiation.

Les taux de radiation à Miyakoji vont de 0,141 microsieverts à 0,48 microsieverts par heure, d’après ce que montrent les mesures du mois de Février.

Ce taux est plus élevé que la moyenne de 0,034 microsieverts par heure, mesurée au centre de Tokyo lundi, mais comparable aux radiations d’environ 0,2 microsieverts par heure à Denver. Un vol commercial entre Tokyo et New York expose ses passagers à environ 10 microsieverts par heure.

Les personnes exposées aux radiations ont souvent une probabilité plus élevée de développer un cancer si les doses excèdent 100 millisieverts, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé.

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